Alors. :
1/ L'existence de leader n'implique pas l'existence d'une hiérarchie. Des personnes qui impulsent un mouvement peuvent être considérés comme des leader sans pour autant avoir une voix supplémentaire au chapitre des décisions. Simplement, dans le cadre des luttes pour l'égalité il faut aller plus loin parce que les privilèges d'un mec blanc cis hétéro ne peuvent que biaiser son action dans le sens de la conservation de ces privilèges.
Et ça n'a rien à voir avec une volonté des opprimés de renverser les oppressions et de prendre le dessus, ça a simplement à voir qu'en raison de leur vécu illes savent mieux que quiconque ce dont illes ont besoin et ce qu'il faut faire pour éviter les choses qui renforceront leurs oppressions.
2/ C'est bien gentil d'essayer de faire passer un groupe de femmes anarchistes pour de viles colonialistes mais ça a peu de chances de marcher. Notamment parce que la pseudo-philosophie façon colonialisme d'il y a deux siècles dont tu parles est un déterminisme biologique qui n'a pas de sens.
Ensuite parce qu'il existe bien un certain déterminisme social qui fait que des personnes aux expériences similaires vont généralement avoir des aspirations similaires et des difficultés similaires. Sur le sujet tu peux lire du Spinoza ou du Bourdieu (mot clé : Reproduction sociale, holisme)
Le truc cool avec le déterminisme social, c'est qu'en changeant de société on change de déterminisme. Évidemment le but final est que tout ce qui favorise les oppressions passe à la benne ou soit rendu inoffensif.
3/ Tu a fait un gros contresens sur la compréhension de cette phrase. Son sens n'est pas que seul la classe dirigeante a un rôle de leader à jouer mais que la classe dirigeante n'a aucun rôle à jouer.
Les raisons en sont expliquées dans le texte en question dans le dernier paragraphe du titre 1 : « Les capitalistes peuvent, s’ils le choisissent, se défaire de leurs privilèges. […] Les hommes, les blancs, les hétérosexuels, les personnes cisgenres etc, ne peuvent pas se défaire de leurs privilèges – peu importe à quel point ils en ont envie. Ces privilèges leurs sont imposés par un système dont ils ne peuvent ni sortir ni choisir d’arrêter de bénéficier. »
Pour jouer un rôle dans la lutte contre le système qui les privilégie, il faut d'abord se défaire des privilèges dont on peut se défaire (le privilège bourgeois, le fait d'être un membre de la classe dirigeante, etc.) puis « avoir conscience de ses privilèges et agir de façon cohérente »
C'est juste deux phrases avant celle que tu choisis de citer. D'ailleurs, celle qui précède ta citation est : « Si vous ne retirez rien d’autre de ce texte, au moins retenez ceci : vous n’êtes pas responsables du système qui fait de vous un privilégié, seulement de la façon dont vous y réagissez. »
C'eut été intéressant pour toi de la retenir.
Tiens d'ailleurs vu que tu ne linkes même pas vers le texte dont tu parles je le remet ici pour référence : http://www.regardnoir.org/une-analyse-anarchiste-de-la-theorie-du-privilege/